Construire autrement : en Charente, un livret pour réduire l'empreinte carbone du bâtiment

30/06/2026

Face au dérèglement climatique, chaque secteur d’activité est appelé à repenser ses pratiques. Celui du bâtiment occupe une place centrale : en France, il représente environ 25 % des émissions de CO₂, tandis qu’à l’échelle mondiale, la construction et l’exploitation des bâtiments sont responsables d’environ 37 % des émissions liées à l’énergie. Derrière ces chiffres se cache un levier d’action souvent sous-estimé : le choix des matériaux.

C’est précisément sur ce sujet que la Jeune Chambre Économique Française d’Angoulême-Cognac a décidé d’agir avec une initiative concrète : le Livret Bas Carbone.

Mieux choisir pour mieux construire

Lorsque des particuliers entreprennent des travaux de rénovation ou de construction, ils disposent rarement d’une vision globale des matériaux existants. La plupart s’appuient naturellement sur les recommandations de leur artisan ou sur les produits disponibles en grande surface de bricolage, sans toujours connaître les alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Les professionnels eux-mêmes peuvent manquer d’outils simples pour présenter ces solutions à leurs clients.

Le Livret Bas Carbone répond à ce besoin en proposant un guide pratique permettant de comparer les matériaux selon leur empreinte carbone, leurs caractéristiques techniques et leurs usages. L’objectif est simple : permettre à chacun de prendre des décisions éclairées.

Un outil au service de la transition écologique

Le projet met en lumière des matériaux biosourcés, géosourcés et issus du réemploi, dont l’impact environnemental est généralement inférieur à celui des matériaux conventionnels.

Au-delà des comparatifs techniques, le livret recense également des fournisseurs, artisans et acteurs locaux capables d’accompagner particuliers et professionnels dans leurs projets. Une manière de favoriser les circuits courts, de soutenir les filières locales et de développer les pratiques de réemploi dans le secteur de la construction.

Pensé comme un véritable outil d’aide à la décision, le Livret Bas Carbone sera disponible en version papier, mais également au format numérique afin d’être facilement consultable lors des rendez-vous de chantier.

Comment transformer les pratiques ?

L’ambition de cette action dépasse largement la simple publication d’un guide.

La JCE d’Angoulême-Cognac souhaite faire de ce livret un support de sensibilisation auprès de nombreux publics : particuliers, artisans, entreprises du bâtiment, organisations professionnelles, mais aussi établissements de formation. Des interventions sont notamment prévues dans les lycées professionnels afin de sensibiliser les futurs acteurs du secteur aux enjeux de la construction bas carbone.

En créant un langage commun entre consommateurs et professionnels, cette initiative contribue à réduire le manque d’information qui freine encore l’adoption de matériaux plus durables.

Une réponse concrète à un enjeu local

En Charente, où une part importante du parc immobilier est constituée de logements énergivores, les enjeux liés à la rénovation sont particulièrement importants.

Encourager l’utilisation de matériaux moins émetteurs de carbone représente un levier complémentaire à l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. Chaque rénovation, chaque chantier et chaque choix de matériau peuvent ainsi contribuer à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle du territoire.

Le changement climatique peut parfois sembler être un défi immense. Pourtant, il se construit aussi à travers une multitude de décisions locales et d’initiatives concrètes.

Avec le Livret Bas Carbone, la JCEF de Charente démontre qu’il est possible d’accompagner la transition écologique en donnant aux citoyens comme aux professionnels les moyens d’agir. Informer, comparer, mettre en relation et sensibiliser : autant d’actions qui, mises bout à bout, participent à faire évoluer les pratiques du secteur du bâtiment vers un modèle plus responsable.

@credit photo