07/10/2026
Le 1er octobre, la JCEF a lancé officiellement son partenariat avec Sator lors d’un webinaire consacré à une question qui nous concerne toutes et tous : en quoi la formation fait-elle de nous de meilleurs acteurs du changement ? Une heure d’échanges entre science, engagement associatif et entrepreneuriat. On vous raconte.
S’engager, c’est bien. S’engager en comprenant vraiment ce qu’on fait, c’est mieux. Transition environnementale, mutations économiques, nouvelles façons de manager, défiance démocratique : les enjeux sur lesquels nos membres agissent sont de plus en plus complexes. La bonne volonté ne suffit plus toujours. Il faut des clés de lecture pour agir juste, et pour tenir dans la durée, que ce soit dans nos projets associatifs, au travail ou dans nos vies perso.
C’est tout le sens du rapprochement entre la JCEF et Sator. D’un côté, un mouvement de jeunes de 18 à 40 ans, reconnu d’utilité publique, dont les membres portent des projets d’intérêt général sur leurs territoires. De l’autre, une plateforme de formation en ligne qui s’est donné pour mission de démocratiser l’accès au savoir sur les grands enjeux de notre époque. Une conviction commune : comprendre le monde, c’est déjà se donner les moyens de le transformer.
Autour d’Alexandra Poteau, Déléguée générale de la JCEF, qui animait la soirée, trois intervenants aux profils complémentaires :
Premier constat posé par Alexandre Jubien : face à des enjeux sociétaux aussi imbriqués, on ne peut pas se contenter d’une compréhension en surface. La formation, c’est ce qui permet de passer de l’intention à l’action, et d’agir là où ça compte vraiment. Chez Sator, l’approche est claire : partir de la science pour agir, en s’appuyant sur des experts et des données solides.
Vianney Copleutre a prolongé la réflexion côté JCEF. Pour nos membres, se former, ce n’est pas un bonus : c’est ce qui les transforme en acteurs du changement. C’est aussi une question de légitimité. Quand on maîtrise son sujet, on gagne en confiance et en crédibilité face aux élus, aux partenaires ou aux habitants avec qui on construit ses projets.
Abed El Rahman El Khatib, qui était récemment intervenu à l’UNESCO sur ces questions, a mis le doigt sur un paradoxe : on n’a jamais autant produit de connaissances, et pourtant une bonne partie dort dans les tiroirs. La science ne nourrit pas assez les politiques publiques, ni les entreprises. L’environnement en est l’exemple le plus parlant : les études qui documentent l’urgence climatique s’accumulent, mais l’action politique reste souvent en retrait de ce que préconisent les experts. Tout l’enjeu, c’est donc de remettre le savoir en mouvement.
Place ensuite au concret. Comment, sur le terrain, la formation outille celles et ceux qui veulent agir ? Et comment l’action, en retour, nous fait apprendre ?
Vianney a présenté la JCEF sous un angle qui nous tient à cœur : celui de communauté apprenante. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le mouvement comptait 157 modules de formation, un réseau de 199 formateurs actifs et 538 ateliers animés partout en France. Une offre qui a encore grandi cette année.
Mais on n’apprend pas qu’en salle. À la JCEF, on apprend surtout en faisant : prendre une responsabilité pendant un an, monter un projet sur son territoire, se tromper parfois. Le droit à l’erreur fait partie du parcours, avec une règle simple : on transmet ses erreurs par écrit, pour que celles et ceux qui prendront la suite ne refassent pas les mêmes… et puissent faire les leurs.
Alexandre Jubien est aussi revenu sur un point clé : se former en continu, c’est ce qui permet de rester capable de s’adapter. Exemple très parlant pour beaucoup d’entre nous : apprendre à manager en temps incertains.
Enfin, Abed a ouvert une piste intéressante : la science citoyenne. L’idée ? Les citoyens ne sont pas seulement des apprenants, ils peuvent aussi produire de la connaissance. Le terrain devient alors une source de savoir à part entière, et le lien entre savoir et action ne pourrait pas être plus direct.
Ce qui ressort de cette heure d’échanges, c’est ce va-et-vient permanent entre savoir et action. Le savoir est un levier d’impact : il permet de comprendre des enjeux complexes pour y apporter des réponses pertinentes. Sans lui, on risque de mettre beaucoup d’énergie et de temps dans des solutions qui soignent les symptômes, sans toucher au problème de fond.
Merci à Abed, Vianney et Alexandre pour la qualité de leurs interventions, et à toutes celles et ceux qui ont participé et partagé leurs questions et leurs expériences.
